Ötillö Swimrun World Championships 2021

Sandhamn - Utö, Suède

Les Vieux Neptuniens - Jean-Nicolas Mehr / Stéphane Jay - Bib # 82

par Stéphane

Il est de coutume de partager entre LVN un petit récit de course, un compte-rendu d’épreuve pour raconter à la communauté. Je vais donc pour l’occasion me plier à l’exercice, une fois n’est pas coutume. Rassurez-vous, je ne dirai que le « minimum du maximum » des choses que j’aimerais partager sur cette épreuve mythique, d’abord pour ne pas vous saouler de détails mais surtout pour vous en laisser découvrir la magie par vous-mêmes lors de votre prochaine qualification.

Superlatifs

ÖtillÖ, c’est le mythe extrême du Swimrun. Le graal des Swimrunners. On lira ci et là :

  • « La plus dure des aventures qu’une organisation n’a jamais osé mettre en place ».
  • « ÖtillÖ is the jewel in the Crown ».
  • « Mother of all swimruns and the origin of the sport ».
  • « Ce monstre qu’il faut savoir dompter sans se faire dévorer ».

Et plus encore :

  • « How crazy is that! »
  • « If you have Kona in Triathlon, we have ÖtillÖ in Swimrun! »
  • « Mother Nature is definitely dictating the race, it’s the Mother of this race! »
  • « It’s very hard »

… Et j’en passe. Voilà pour l’ambiance de cette singulière aventure.
Vertigineuse aventure où athlètes professionnels et sportifs amateurs se côtoient, se respectent, se challenge dans l’effort, la sueur et la douleur. Le même combat pour tous : L’ÖtillÖ. Une eau à 13° pour tous, les mêmes vagues et le même courant, les mêmes rochers glissants et des sentiers peu tracés. Tous devront éviter les mille et un pièges du parcours pour rallier, plus ou moins rapidement s’entend, fièrement mais très humblement cette ligne d’arrivée tant attendue.

Before


Cinq années déjà que nous avons découvert cette nouvelle discipline, le Swimrun, avec Jean-Nicolas, JN pour les intimes (et ci-après pour ne pas avoir à réécrire son long prénom composé). Cinq belles années déjà que nous pratiquons avec plaisir et envie ce sport de folie.

Si il nous était tout à fait impossible d’imaginer une qualification pour le championnat du Monde à l’arrivée du notre premier World Series Ötillö en 2016 à Engadin (Suisse), notre ambition de s’en rapprocher s’est construite peu à peu au fil de nos multiples participations au circuit Ötillö, au gré de nos saisons de natation au Neptune Club de France, de nos compétitions en eau libre et autres stages annuels de 95 km en bassin de 50m, tout au long aussi de nos sorties running en forêt et de nos trails D+. L’apprentissage !

Aussi, et forts du soutien de notre jeune communauté Swimrun « Les Vieux Neptuniens » et de l’expérience partagée de quatre de ses athlètes présents aux Championnats du Monde Ötillö 2018 et 2019, nous nous rapprochions alors du possible pour imaginer tenter la qualification de notre binôme. Il nous fallait dès lors bâtir un plan d’attaque de guerriers.

Parenthèse

Je rappelle que notre binôme avait été retenu par la direction de course Ötillö en 2017, une sélection au « Director Choice » sur CV sportifs respectifs et une première qualification pour nous à cet incroyable championnat du Monde.

Hélas, faute de réseau mobile à Karakul (où nous étions alors pour une belle aventure humaine et accessoirement un Swimrun de l’extrême) nous avions pris connaissance du message des organisateurs trois jours après la date butoir d’inscription. Il était de toute évidence trop tard, la règle est la même pour tous, pas d’exception. Nous l’acceptions, non sans une légère pointe d’amertume.

Très vite, la réalité des conditions météorologiques du WC 2017 nous « rassurera », une météo tempête qui nous aurait fait bien souffrir pour être finishers. Un mal pour un bien au final. Nous n’étions sans doute pas encore prêts.

Un esprit de compétition doublement aiguisé naissait alors pour renouveler cette qualification.

Objectif Qualif

Il restait maintenant à nous imposer et à respecter un planning intensif et généreux d’entraînements, à prendre le temps de peaufiner nos techniques de course - évitement des racines par exemple, entraînement à la longe également - puis à nous engager, dans un laps de temps très court (imposé par la situation sanitaire des deux dernières années) aux dernières courses qualificatives 7/24 nécessaires à l’obtention de notre ticket pour la Suède. Pour nous, ce sera obligatoirement un 7/12 : Challenge accepted !

Je ne relaterai pas toutes nos belles courses - objets de comptes rendus instructifs sur ce site - même si ce travail global préparatoire, immense et rigoureux, n’aura été rétrospectivement qu’un intense bonheur que l’on aime partager.

Que de belles péripéties et aventures vécues dans cette période : Karakul au Tadjikistan pour un Swimrun « Roof of the World » à 4000m d’altitude, nos runnings californiens très matinaux à Venice Beach d’avant le WS de Catalina Island, nos traversées d’île en île dans une mer démontée… Que de sites par Swimrun majestueux : Hvar, les îles Scilly, Malte, Allgaü et son eau à 9°, et Cannes, puis les Calanques de Cassis - Calanques de Marseille, Engadin à répétition, le Grand lac de Laffrey et son interminable KV… Nous y étions et y avons œuvré pas à pas consciencieusement, non sans encombre (fracture de la main pour l’un, grosse entorse de la cheville pour l’autre) mais avec ténacité pour accéder à notre objectif final. Motivés comme jamais.

Une septième et dernière course à faire et ce sera fait. Ce sera avec le dossard n°7 que nous achèverons cette dernière en franchissant bien fatigués la ligne d’arrivée du WS Ötillö Engadin en juillet 2020. Nous sommes qualifiés. Hip hip hip … Nous serons du voyage !

Mais quand ? Les autorités suédoises ont annulé tous les rassemblements de plus de 50 personnes sur l’ensemble de son territoire, les voyages d’agrément y sont interdits. L’étau se ressert, le couperet tombe, l’édition 2020 est annulée. Les qualifiés «Podium, Director Choice et 7/24 » restent néanmoins en lisse pour le prochain Ötillö. 2021 peut être, 2021 on espère. Une polémique naît alors sur le maintien des points des qualifiés au « Ranking » mais le débat est vite clos. Nous avons notre qualification et n’entrons pas dans le débat.

Nous sommes au top de notre préparation, il ne faudra pas mollir durant les longs mois supplémentaires à venir. Nous continuons notre programme, sans piscine mais au grand air. Les principales courses du calendrier sont annulées, JN est exilé au pays basque, l’entraînement solo s’impose. JN nage en bassin extérieur et pédale dans les montagnes pyrénéennes. J’alterne les séances de running nocturne sur piste et les séances de trail au Parc de Saint Cloud, le yoga outdoor dans les jardins parisiens du Louvre et des Tuileries et les boot camps à l’heure du déjeuner plusieurs fois par semaine. On participe aux quelques évènements sportifs maintenus.

L’édition du WC 2021 est finalement confirmée.

Nous réservons nos billets d’avion pour Stockholm et nos hôtels. La Suisse ré-ouvre ses frontières, les inscriptions au WS d’Engadin sont ouvertes. Nous y sommes inscrits et bien affûtés pour un dernier swimrun grandeur nature avant le WC de septembre. Nous y répéterons nos gammes, les montées y sont toujours interminables, l’eau y est plus froide cette année, j’y ressens le froid pour la première fois, j’ai encore quelques crampes ennuyeuses à mi-course. Nous restons prudents et évitons les blessures. On passe la ligne d’arrivée. C’était bien et rassurant de se retrouver en binôme à quelques semaines seulement du grand rendez-vous.

Je file après course sur le stand ARK pour essayer et adopter ma nouvelle combinaison. Elle est top ! Je ferai une longue sortie de près de 12 heures dans les calanques avec JN, Nicolas et Jean-Marie et j’ai vraiment bien fait de mieux m’équiper pour ÖtillÖ, je ne suis plus comprimé aux cuisses, exit les crampes dès les 3 heures de course, je n’ai absolument pas froid même sans manche, avec mon nouveau pull buoy ARK Keel, me voilà équipé du meilleur matos à quatre semaines désormais de l’aventure. Viennent alors trois semaines de grande nature aux Açores, j’en profite pour suivre le conseil de notre ami Nicolas : bouffer du D+ dans les dernières semaines pour se faire les quadris. Les volcans de ces îles magnifiques seront mon terrain de sport pendant ce séjour.

Retour à Paris, plus que huit jours avant notre vol à destination de notre Everest. Cure de pâtes, de fruits frais, de repos et de sommeil, on trottine une dernière fois sur les quais de Seine avec Astrid, 10 petits kilomètres qui parachèveront ces années de préparation intense.

Il est donc maintenant temps de vous en dire un peu plus sur notre aventure à l’ ÖtillÖ Swimrun World Championship 2021.

Programme des festivités

Décor : Stockholm Archipelago, Suède. (voir Google Maps)
Parcours : de Sandhamn à Utö. 24 îles du départ à l’arrivée, à rejoindre à la nage et à parcourir en course à pieds (marche autorisée et souvent nécessaire), le plus rapidement possible, 46 transitions à effectuer.
Timing : Départ matinal de Sandhamn à 6 heures pétantes. Les 160 binômes engagés disposent de 14 heures pour atteindre Üto avant 20:00 le soir. Cinq barrières horaires imposées tout au long du parcours, les fameux «CUT-OFF » @9:00, @11 :15, @14:00, @15:30 et @18:00.
Catégories : au nombre de trois, Mixed, Women et Men. Pas de catégorie d’âge.

Distances : 65 kms de running et 10 kms de swimming (à condition de nager droit) 75 kms au total. 24 sections terrestres, la plus longue est de 19,7 kms et ressemble à un semi marathon tout terrain. 23 sections aquatiques, la plus longue et la première est de 1750m, elle n’est pas la plus compliquée. La portion de 1400m dite « Pig Swim » peut l’être.
Ravitaillements : 7 stations de ravitaillement sont proposées sur les îles. Une station bénévole hors course organisée par deux habitantes d’Ornö est également prévue et tellement bienvenue quand le prochain ravitaillement, au milieu du semi marathon est si long à arriver. Merci Mesdames.
Obstacles : Il y en a partout. Vraiment partout. Ce serait bien trop facile sinon. Rochers savonnettes, algues pernicieuses, racines bien cachées - ou pas, branches très basses, voire trop basses pour les grands, on ne compte plus les troncs au sol depuis la tempête de l’hiver, des vasières profondes, des sentiers pas ou peu tracés, une descente à la corde pour 15m de toboggan abrupte, des méduses par milliers - non urticantes semble t’il (mais je n’ai pas tenté l’expérience), des moustiques affamés d’adrénaline à l’arrivée, pas d’ours coquin dans la forêt, ce qui n’est pas plus mal quand on ne peut plus courir à un bon rythme.
Bref, ce n’est pas rien ce truc-là.

Voyage

Départ de Paris, RER à 6:30 le vendredi 3 septembre pour notre vol à CDG en début de journée. Les bagages sont prêts depuis la veille, vérification(s) faite(s) et refaite(s), tout est en ordre, bien empaqueté. Je ne partirai pas avec deux chaussures du pied droit dans ma valise cette fois-ci (apprentissage important du dernier stage Swimrun LVN). Nous avons prévu pour l’occasion une valise en soute chacun, pour le non essentiel mais le très utile - notamment des vêtements chauds pour l’après course, et un sac à dos « Cabine » dans lequel se trouvera, comme à l’accoutumée, l’indispensable : c’est à dire tout notre matériel de course. Nos valises peuvent s’égarer, nous serons équipés sur la ligne de départ.

Arrivée CDG, nous y retrouverons Pauline et Julien, binôme mixte rencontré à Engadin en 2020 et souvent croisé depuis. Nous sommes sur le même vol, très relax pour nous, incroyablement studieux pour eux. Ils révisent encore et encore le parcours tumultueux de la course, ou peut-être essaient -ils de prononcer parfaitement le noms des îles que nous devront franchir le jour J : Ronnkläppen, Käckskär Getskâr, Kymmendö, Kvinnoholmen, Nämdö Solvik… ? Pas certain que nos trois petites heures de vol suffisent.

Récupération des bagages rapide, nous rejoindrons le centre-ville de Stockholm par l’Arlanda Express en moins de 30mn. (Conseil voyage : Un billet Groupe pour 4 passagers est plus économique qu’un billet pour un trajet de plus d’une heure en bus). Check-in rapide dans notre hôtel situé à deux pas de la gare centrale, nous accompagnons nos amis en direction de leur hôtel situé dans la vieille ville. Nous déciderons de déjeuner copieusement dans un restaurant fort bon sur le trajet. Puis, balade le nez en l’air dans la ville, c’est très beau, le soleil est là, la température est automnale mais douce, premier point de soulagement. Dîner Thaï de bonne heure pour un repas d’avant course copieux, gouteux et salutaire. Retour à l’hôtel pour glandouiller avant une bonne nuit de repos. Je pense que l’on rentre alors peu à peu individuellement dans notre bulle Ötillö.

Journée 1 :

La journée du samedi sera, conformément au planning préparatoire, très calme. Gros petit déjeuner au buffet de l’hôtel, on fait vraiment les gros, nous prenons de l’énergie d’avant course, et puis… tout y est délicieux, pourquoi se priver. Trente minutes de marche nous permettront de digérer, un peu, et de rejoindre une petite plage pour une petite mise à l’eau et test de température. Pauline et Julien ont opté pour une visite de la ville. Sur place, quatre binômes français sont déjà dans l’eau en combinaison. Un des compères teste la tri-fonction sous sa combinaison néoprène, il a peur de souffrir du froid. JN le rassure, lui explique qu’il aura plus froid avec un textile trempé sous la combi et qu’il se réchauffera plus vite sans. (Conseil important, ne jamais tester quelque chose de nouveau la veille d’une grande épreuve). Nous partons maintenant pour un petit 400m NL en maillot pour montrer à nos compères que l’eau n’est pas si froide – « LVN Vikings ». Elle est en effet assez bonne, ce qui est assez rassurant quand on sait pertinemment que nous passerons au moins 3h/3h30, 4h/4h30… dans l’eau. Ce test est un gros point positif dans notre préparation psychologique progressive.
Test température de l’eau :

30 mn de marche retour, hôtel, douche… JN part déjeuner avec un ami de boulot (peut-être serait-ce une jolie suédoise rencontrée à l’édition 2019, je ne pose pas de question). Je pars baguenauder dans le vieux Stockholm admirer sa belle architecture et les bateaux amarrés le long des quais. Le vieux 3 mâts Gothenburg admirablement, restauré, largue ses amarres devant une foule de passionnés, je me réjouis du spectacle et des 10 coups de canon qui retentissent pour l’occasion. Mais je suis déjà loin de tout ça, je rentre progressivement dans ma bulle de concentration. J’avance dans la ville, j’avance vers ma course. Je reprends une à une les étapes à venir, me déconcentre un peu à la croisée de quelques blondinettes aux larges sourires (pfff, il y en a beaucoup dans cette ville) - et me replonge aussitôt dans toutes mes grosses courses passées. Je repense maintenant à toutes nos étapes binôme et à nos entraînements plus récents. Je continue ma balade, je re-visionne dans ma tête les reportages sur le parcours que je vais enfin pouvoir découvrir. Je me sens assez serein, bien armé, avec un binôme de choc qui saura m’y guider. J’ai confiance. Vraiment. Il est de toute façon trop tard pour l’inquiétude, même si je pense déjà qu’il sera difficile de trouver le sommeil durant la courte nuit d’avant course. Et puis, niveau inquiétude, nous avons été servis tout au long de l’année 2020, année de qualification où nous aurions dû faire ce WC. Et tout au long de l’année 2021 aussi, suite à son report. Place au plaisir maintenant. Il nous faut profiter du moment, se délecter de chacune des petites étapes de l’avant course pour arriver au top sur la ligne de départ. C’est mon état d’esprit de l’instant. Je savoure.

JN me rejoins en milieu d’après-midi. Nous parcourons une nouvelle partie de la ville (portails Ingress obligent) jusqu’au coucher du soleil. Les choses s’accélèrent, nous rentrons dans le programme : Passage par l’hôtel Reisen pour un verre de l’amitié offert par Yann, sympathique directeur général de l’Hôtel Martinez de Cannes, swimrunner et partenaire d’Ötillö présent pour l’occasion. Nous y retrouverons de nombreux amis et quelques autres qualifiés français. Le vin français produit sur les îles de Cannes est succulent, mais on le consomme avec modération. Nous avions traversé ces vignes à deux reprises lors de nos WS Ötillö Cannes. Beau moment. Bel instant. Bel rencontre. Merci Yann. Deuxième étape de la soirée, il est temps de rejoindre un restaurant de la ville haute pour un dîner avec le groupe France et pour y récupérer nos sweatshirts bleu blanc rouge. Nous arriverons « après le match », buffet fermé, sweatshirts partis, ce n’est pas grave, nous les récupérerons le lendemain. Plus de temps à perdre, il se fait tard et les restaurants ferment tôt dans la ville, et il n’est pas pensable pour JN de sauter un dîner ou de seulement snacker. Nous optons pour la première pizzeria venue et nous nous attablons dans un joli sous-sol voûté de la vieille ville… au beau milieu d’une réception de mariage : ballet de serveurs, bruits d’assiettes et de bouchons de champagne, musique rythmée pour danseurs endiablés… Où sommes-nous donc à la veille d’un si grand rendez-vous ? C’est inattendu, nous nous en amusons, avalons rapidement nos pastas et rejoignons enfin nos lits pour récupérer des 34000 et quelques pas parcourus ce jour. Au dodo, demain sera un tout autre jour.
Journée 2 :

10 heures de sommeil plus tard, nous allons vaillamment réserver au buffet un sort identique à celui de la veille, sinon pire ! Nous n’aurons pas le temps de déjeuner, ce sera donc Mega Mega brunch et notre principale hyperactivité au calme de cette matinée, les mets défilent, les assiettes vides s’empilent, les estomacs s’alourdissent. Repus et valises fermées, il est l’heure du check out. Bye Stockholm, on se retrouve mardi.
Étape Stockholm :

NB. Pour les futurs participants, ces deux jours à Stockholm nous paraissent nécessaires dans le programme final d’avant course, véritable sas de décompression, c’est en premier lieu une lente transition entre la réalité du quotidien et ce que j’appelle la mise sous bulle de concentration, de préparation, de vide autour de soi. Ensuite, la visite de Stockholm est un vrai bonheur. De belles découvertes, je vais y retourner.
Maintenant, c’est vraiment parti !

Show Must Go On

Nous rentrons dès lors dans le programme officiel édité par la direction de course. Un programme précis, millimétré. Et là, c’est organisé, strictement. Nous lâchons prise pour nous laisser guider. Il faut impérativement se plier à la règle, ce que nous faisons avec grand bonheur. Dix minutes de retard et l’aventure est pliée. On prend enfin soin de nous, laissons nous faire. Qu’il est bon de se laisser porter. Suivons le guide ! Je vous la fais rapidement : Bus au « Cityterminalen » à 14:00 destination Djurönäset (l’écrire est une épreuve, le prononcer une peine). Le panneau indicateur d’horaire nous simplifie la tâche et indique : «14:00 Ötillö - Gate B ». Ça y est, on y est, réellement. Une petite heure de bus plus tard - Pauline n’a désormais plus aucun ongle à ronger pour le briefing de course -, nous atteignons le Resort de Djurönäset. Excitation collective et c’est déjà l’effervescence.


A cadre unique, photos souvenirs mémorables.

Djurönäset : c’est un incroyable site de vacances et de relaxation, en pleine nature, au bord de l’eau, un confort cinq étoiles. Tout est propice à la détente et à une concentration optimale d’avant course, on s’y régale. Notre seule préoccupation du moment est : où, quand, comment… récupérer rapidement nos dossards, notre clé de chambre, poser nos bagages et découvrir les lieux, aller au sauna, nous détendre dans l’un des deux bassins qu’offre le complexe hôtelier. Tout se passe au mieux. Bibs et package de course récupérés, stands de matos visités, emplettes effectuées (un nouveau sac Ötillö), nous profitons des piscines pour chauffer nos plaquettes et nous détendre les bras (et déconner encore un peu). Nos amis nous y rejoignent.

Nous avons maintenant rendez-vous pour le traditionnel briefing de course. La tension monte d’un cran. Briefing très sérieux, atmosphère presque pesante, tension palpable : « Merci à tous d’être là, demain sera un autre jour, l’eau sera froide, il vous faudra bouger en permanence pour ne pas être transi de froid. Le parcours sera risqué, voire dangereux, profitez de cette Aventure unique. Demain sera votre grand jour ». Oups, qu’on est loin des briefings World Series de Michael et Matts, bienveillants, encourageants, rassurants. Le ton est donné, le décor est planté : Eau « presque » froide, courants, glissades sur les rochers, peines et souffrances, sentiers approximatifs, doutes et sensations étranges garanties »… « Mais toujours solidarité de course, on s’arrête quoi qu’il en coûte pour aider un concurrent blessé.». C’est aussi ça Ötillö.


Nos commençons à avoir faim, ça creuse, les émotions.Par chance nous serons du premier des deux services organisés par la haute autorité sportive, de 18:00 à 19:15, temps suffisant pour dévorer saumon frais et autres mets délicieux en compagnie de Pauline et Julien, accompagnés du non moins remarquable et sympathique binôme féminin de leur club de Tri : Aline et Elena. On s’amuse.L’ambiance de la tablée est bonne, décontractée, mais quelque peu tendue autour de nous.
Repus, nous ferons rapidement un repérage de jour du sentier vers la panne d’embarquement du ferry que nous emprunterons dès 4:45 le lendemain matin à la lueur des bougies. Ce sentier, de nuit, sera un premier obstacle pour mes chevilles, qui seront préalablement et prudemment strappées pour l’épreuve. Nous y croisons Michael, grand chef de la fête, zen comme toujours. Nous sommes aussi détendus.

Nous retournons rapidement à notre chambre, une tisane bien chaude autour de la cheminée du lobby de notre « maison », un dernier appel à la famille avant… longtemps… avant le temps nécessaire pour terminer notre aventure. Nos téléphones ne sont malheureusement pas étanches pour accompagner notre épopée (JN en a fait les frais dans les Calanques, ça ne fonctionne définitivement pas avec de l’eau salée dans les circuits imprimés ces choses-là).
Chambrée douillette et douche bien chaude, check de matos et, hop, contre toute attente, JN s’endort à la vitesse de la lumière, ses nouveaux ronflements, si ils m’étonnent, ne m’empêchent guère de le suivre. Le binôme dort. Faites de beaux rêves.
Journée 3 :

Aïe

Tic, tac, tic, tac… 3:20, le réveil sonne. Je ne sais pas qui des deux se lève le premier, mais y’avait chrono ! On a hâte d’en découdre, de nager, de courir, de suer, d’en ch.er… On veut y être. Avant cela, petit déjeuner. On est à l’heure… enfin presque car très en avance, tout comme les quelques 85 concurrents qui nous précédent dans la file d’attente avant l’ouverture des portes du restaurant. Serions-nous déjà au Start ?

L’heure est au sérieux, il nous faut ingurgiter quantité de nourritures, protéines et caféines, pour être au top au début de l’épreuve. Retour en chambre, on enfile nos tenues du jour, fermeture des bagages et nous voilà à arpenter ce fameux petit sentier éclairé à la bougie, rien de romantique sinon de casse-gueule, les roulettes de nos valises souffrent en premier. Nous atteignons le quai d’embarquement.

Fait de Course n°1 :
« … et merde, où sont mes plaquettes, je n’ai pas mes plaquettes à la ceinture, elles doivent être dans la chambre pourtant bien inspectée, j’y file ! ».
JN de me répondre détendu : « T’inquiète, j’en ai une autre paire, ça fera le job, on embarque, inutile de remonter ».
Ok, M’sieur. Merci M’sieur. Soulagé du plan B, je cesse mes recherches. (à suivre).

Ferry


Le ferry est déjà bondé. Nous arpentons les coursives jusqu’à la salle de proue de l’embarcation pour y trouver deux sièges confortables réservés non sans mal par Pauline et son orchestre, merci les amis. Silence étonnant, silence absolu. Je ne pense pas que le manque de sommeil en soit la cause. Les visages sont crispés, les gestes pour s’équiper mesurés. La tension est à son comble +++, palpable +++, presque inquiétante. Je regarde JN, détendu, écouteurs aux oreilles, il est comme moi, dans sa bulle. Je suis observateur, heureux de vivre ces instants. Je m’équipe, teste mes plaquettes de substitution, mange une barre de céréales, bois de grandes gorgées d’eau. Amarrage à Sandhamn. Cliquetis et bruits reconnaissables de port. Ça bouge un peu avant d’atteindre le ponton. On y est enfin.

Dans moins d’une heure, l’organisation lâchera les fauves. Nous débarquons, le jour se lève, déposons sacs et valises sur le quai pour leur acheminement à Üto. Nous sommes entièrement équipés, gels dans les poches, lunettes réglées et sans buée… Direction toilettes pour JN qui, comme à son habitude, souhaite partir léger. J’y fait un petit pissou de stress d’avant compétition. JN ressort, il n’est visiblement pas satisfait de sa mission- test d’effort, rien n’y a fait. Nous retrouvons nos amis. Les encouragements fusent, nous encourageons tous nos amis aussi. Quelle belle ambiance, quelle belle communauté.

Les favoris sont concentrés, déterminés, et super aimables avec tous, les moins aguerris le sont aussi, plus que jamais. Nous partageons le même rêve éveillé, concentrés et déterminés. C’est une sensation rare de légèreté, d’insouciance peut-être, je suis parfaitement bien, conscient de mes forces et de mes faiblesses, averti de l’extrême difficulté des heures à venir. J’ai fait le nécessaire pour ne pas décevoir mon binôme, ça devrait passer. Se faire « cutter » est inimaginable pour moi, ce n’est pas une option. Seul un abandon sur blessure sérieuse pourra nous arrêter, j’y ai pensé avant et n’y pense pas à cet instant. Je veux terminer crânement cette épreuve tant espérée.

Départ dans 10 min, nous sommes invités à nous rendre dans le sas de départ. Les leaders et les guerriers y sont déjà, alignés sous le portique de départ. Leurs visages se sont tendus en quelques dizaines de minutes, sans doute se répètent-ils leur parcours tels les skieurs avant la vertigineuse descente de Kitzbühel. Ce qui nous attend maintenant est tout autant vertigineux, nous le savons. Jean-Marie et Pierre nos deux amis photographes officiels de la course nous font prendre la pause. Merci à eux pour leurs prises de vue exceptionnelles. On pense à autre chose pendant cet instant avec eux.

Nous sommes dans le sas, laissons priorité aux plus rapides, nous sommes à l’arrière du groupe pour partir prudemment mais sûrement. C’est notre stratégie de course, les deux premières îles sont suffisamment casse gueule pour ne pas y ajouter les chutes par bousculade.


Cinq, Quatre, Trois, Deux, Un…

Une grande respiration, le vide est entièrement fait dans ma tête, étape par étape. C’est bien décidé, nous irons tous les deux à Üto recevoir notre médaille. Le starter lance la course. Boum ! Nous déclenchons nos Garmin. Le peloton s’étire tout au long du premier running de 1200m, jambes légères, cardio bon, belle entrée en matière, bonne mise en jambes, nous décidons de doubler quelques équipes pour une mise à l’eau plus aisée. Plouf, nous sommes déjà dans l’eau pour 1750m, la plus longue traversée de la journée. Nous ne sentirons pas encore la fraîcheur de l’eau, même si plus froide qu’à Stockholm. Nous remontons les binômes un à un, deux par deux, les sensations sont bonnes, un nageur s’emmêle à deux reprises dans notre longe, trop court instant pour ralentir notre bonne progression. Il va déjà être temps de sortir de l’eau.


JN m’avait prévenu, attention danger, attention glissade. Il faut glisser sur le ventre jusqu’à atteindre une prise pour s’accrocher sur le rocher. On perd déjà un peu de temps pour sortir de l’eau, ranger la longe, remettre mes lunettes de vue. Départ pour notre second run. JN prudent, ses chutes passées ici avec Yann ne le rassurent guère, il tâtonne, un pied après l’autre. Je m’en éloigne assez vite, ce n’est pas du tout glissant. JN m’observe et doit se rassurer, il accélère le pas, ça passe, pas de chute. Le rythme est à nouveau bon. Le terrain se complique, je le laisse passer devant tant il m’est difficile de repérer la rubalise d’orientation et les pièges du parcours avec des lunettes mouillées. Nous filons bon train, une deuxième nat, un troisième run, une troisième nat et nous atteignons un territoire moins hostile, plus praticable.

Le premier cut-off est passé avec une avance confortable.

Fait de course n°2 : JN doit s’arrêter, absolument. Arrêt technique urgent. La forêt traversée est propice à cette escale biologique. Je reste en bordure de chemin, les binômes remontent un à un, certains, - surtout les suédois - me demandent si il y a un problème : «no Sir, just a poo behind the tree », éclats de rire. 26 binômes passent devant, pas grave, on les doublera dans l’eau, reste 8200m de nat, on aura bien le temps. 5 mn plus tard, dont 4 à minima à enfiler sa combinaison néoprène mouillée, JN surgit de sa forêt, nous repartons joyeusement d’un pas léger. Il me dit que je lui devais bien ces quelques minutes de stop après tous mes arrêts au stand pour crampes lors de nos WS. Un partout, la balle au centre.

Les paysages défilent, les natations s’enchaînent à bon rythme sur cette première partie de course. On est très à l’aise.

Energy Station

Nous déroulons notre course selon notre plan, on en garde sous le pied pour la suite car il nous faudra de l’énergie. Nous arrivons au premier ravitaillement, mes points de passage préférés. Je bois beaucoup, plus qu’à l‘habitude, une bonne hydratation me permettra de repousser le plus tard possible la survenue de crampes. On se restaure quelques instants, contrairement aux leaders de la course qui s’arroseront d’un verre d’eau et tenteront d’en avaler quelques gorgées en courant. Aline et Elena nous retrouvent au buffet. Nous repartons vaillamment.

Sensations

Nos sensations sont toujours bonnes. JN, fort de son expérience, est même optimiste. Ses premières estimations de temps course lui laisse penser à cet instant que 11h30/12H30 de course sera jouable. Sachant ce qu’ils avaient réalisé en 2019, en perdant beaucoup de temps dans la première partie, je trouve le pronostic ambitieux, mais motivant. Allons donc pour cette allure.

Force sera de constater au fil des étapes, que le tempo ralentira quelque peu par la suite. Conscient, je sais que je dois ralentir notre fougue, ménager ma monture. Nous profitons des terrains très techniques pour marcher et récupérer le plus possible. Nous profitons des descentes roulantes pour relancer en trottinant pour éviter de nous installer dans un mauvais rythme. On garde le même tempo dans les sections de natation. Les temps au 100m sont encore très satisfaisants.

Nous passons le deuxième « Cut-off », réputé le plus serré, en lâchant quelques minutes sur notre plan de route, mais ça nous relance.

Le groupe des compétiteurs s’est étiré depuis un moment, nous sommes parfois seuls au monde dans ces paysages magnifiques qu’offre l‘Archipelago de Stockholm. Que de beautés naturelles. Je ne suis pas encore dans le rouge et prends le temps de les apprécier, pleinement.

Nous dépassons une à une les « Energy stations » avec le sourire, toujours, et le grand bonheur d’avoir parcouru chacune des étapes run ou swim intermédiaires. Les bénévoles s’étonneront souvent de nos sourire et de notre bonne humeur (sans doute parce que nous passons moins de temps dans l’eau et que nous ne grelottons pas contrairement à nos nombreux compagnons d’aventure (merci ARK). Nous quittons nos ravitos, non sans remercier les bénévoles pour leur aide et soutien, je les applaudis avec mes plaquettes. Nous déroulons notre course, joyeusement.

Fait de course N°3 :
On pense aux copains et aux courses parcourues avec eux ces derniers mois. Nous sommes sur un large chemin forestier, les tracteurs locaux doivent y passer de temps à autres, pas un trou, pas une ornière, bref, on déroule à bon rythme de course à pied en calculant combien de courses ensemble, combien de courses avec d’autres binôme(tte)s. Visibilité au top, terrain plat, sans obstacle, hormis cette racine invisible qui décidera de bloquer net ma chaussure gauche. Je plonge en avant, avec le réflexe de partir en roulade avant dans l’herbe voisine et de me relever aussitôt. Mon pull buoy amortit le choc (merci ARK) et évite d’abîmer ma combi. Même mes gels sont épargnés et n’ont pas éclatés. JN m’accorde un 10/10 pour cette belle « Yannou » sans bobo.

Gels

En parlant gels, JN surveille sa montre pour nos prises ponctuelles de gels. Entre chaque ravitaillement, donc assez régulièrement, il nous rappellera l’instant restauration nécessaire. Au top, nous éviterons grâce à ça les coups de mou ou une fringale.
Nous continuons à dérouler notre programme, parfois silencieux, souvent à papoter, plaisanter, rigoler même, dans un état d’esprit fantastique.

Crampes

Le rythme a baissé pour ma part. L’heure des alertes crampes est arrivée, j’informe JN que je dois modérer mon allure et mes foulées pour éviter ou retarder le plus possible leur déclenchement. Adieu l’objectif de moins de 12:00 de course, ce sera de toute évidence plus. Je suis un peu déçu mais je ne lâche pas l’affaire pour autant. La réalité est là et, je pourrais dire « comme d’hab », je dois stopper quelques minutes pour crampe douloureuse à la cuisse. Je prends le temps de l’étirer correctement. Mes recherches sur les crampes, la prise de magnésium, les étirements, rien n’y fera, les crampes sont là. JN impassible et détendu (blasé peut-être) propose alors d’adopter une stratégie plus soft, celle des passages sereins des « cut-off », et confortables pour aller au bout de notre aventure. Adoptée.

On ralentit donc, un peu mais sans mollir, on n’a pas le temps, hein ! On achève à ce rythme le semi-marathon d’Örno. Enfin de l’eau ! Nager va me faire un bien. Je profite de cette nouvelle traversée pour détendre au maximum mes jambes contractées. Ça marche. On avance. Toujours cap au sud.

On passe successivement les cut-offs avec une bonne marge de sécurité, on se réjouit et plaisante avec les volontaires à chacun des différents ravitaillements du parcours. On nage encore et encore, toujours dans la bonne direction - non sans lâcher une quinzaine de seconde par 100m par rapport au début de journée - on évite les obstacles du mieux que l’on peut, c’est plus difficile après onze heures de course. On alterne dès lors runnings légers et marches prudentes. Il ne reste que des petites portions de « course » à pied et de natation, mais les rochers sont à nouveau piégeurs et glissants. Il nous faut rester vigilants.

Nous prendrons le temps de répondre à une journaliste enthousiaste présente au dernier cut. Nous sommes joyeux car rien ne pourra plus nous empêcher de passer la ligne désormais. Quelques instants plus tard, nous achèverons la dernière section de natation. Ça y est, nous avons nager 10 bornes, ça c’est fait.


Il ne reste que 3,5 kms sans difficulté réelle pour franchir la ligne d’arrivée. Je tente de courir par moment, marche, repars en trottinant. L’excitation monte mais le corps ne suit pas le rythme. En fait, le corps ne suit plus. Depuis quand le mental a pris le dessus ? grande question. Le village approche, dernier virage au niveau des courts de tennis (c’est une des étapes du programme - mais on ne doit pas y faire un set) et c’est la délivrance. Enfin, presque ! Les 70 derniers mètres à parcourir sont une montée « abrupte » qui nous oblige à marcher (encore), mais on s’en fout, on y est. On passe la ligne, main dans la main.


Fin du chrono, photos des Finishers.
Instant jubilatoire.
Le rêve est réalité.
ON L’A FAIT !

L'après

Dès cet instant, je flotte. Je me délecte du moment.
Vite, un petit sandwich, et une bonne bière Ötillö pour célébrer – que Pauline m’apportera à table gentiment. Je savoure. Je commence à me refroidir. Attaque en règle de moustiques affamés (et pas dégoûtés), il est temps de retirer mon équipement détrempé pour passer de confortables vêtements chauds sous mon gros manteau douillet Head. Je suis au chaud. On trinque tous ensemble. Ai-je déjà réalisé ? non, je pense. Le flottement est toujours là. Je jubile encore et encore avec mon incroyable binôme. On a passé la ligne d’arrivée.

La suite de l’aventure reste anecdotique. Même si tout aussi mémorable.
Nous dînerons avec nos amis d’aventure. Le buffet est incroyablement garni. On a le droit à tout. On s’en régale. Julien nous offre les drinks. Douche décapante, sommeil présumé réparateur dans une chambre partagée avec Benoît et Jeff – ronfleur professionnel de son état. Je ne dors que quelques heures, pas seulement à cause du bruit. Je réalise et me fais mon propre « Intérieur Sport », celui qui nous a donné envie à tous. Jeff se plaint d’avoir mal partout au réveil, je lui demande si ce n’est pas aux narines principalement. Éclat de rire général.

Petit déjeuner pantagruélique et monstrueux de choix. On croise des athlètes fatigués et heureux, boiteux et heureux. La fin de l’aventure approche. On embarque pour trois heures de ferry en direction de Stockholm où l’organisation nous achemine. L’ambiance est encore plus forte, on partage entre amis nos aventures, les chronos ne sont que détail, les difficultés similaires et l’accomplissement identique.
Voilà, les binômes se quittent sur un quai de Stockholm, les accolades fusent, à bientôt pour un prochain challenge.

Prolongations

Nous resterons une journée et une nuit supplémentaire sur place, le vol de retour est annulé et reporté au lendemain. Merci pour ce petit sas de décompression qui nous permettra de prolonger ce confortable flottement avant de revenir à la réalité du quotidien. Hôtel différent mais tout aussi confortable. Des hommes d’affaires en costume-cravate et chaussures de cuir se souviennent sans doute encore de deux grands échalas affamés en tenue de sport plus que décontractée en train d’empiler les assiettes vides au coin de leur table.

Et… FIN

C’est déjà fini. On refait les bagages et nous enregistrons en ligne pour le retour vers Paris. J’ouvre une dernière fois le compartiment bas de mon sac à dos pour y ranger du matos et… j’y trouve mes plaquettes bien à leur place et préparées pour la course… belle rigolade avec JN… le stress d’avant course était bien présent à l’embarquement du ferry pour Sandhamn. Mes plaquettes n’étaient finalement pas restées dans la chambre et j’aurai le plaisir à les utiliser lors de prochaines aventures. Mais ça, c’est une autre histoire…

Remerciements

Je ne pourrais conclure ce long chapitre sportif sans dire merci. Merci à celles et à ceux qui ont participés de près et de loin à ce projet de longue haleine.

En premier lieu, je veux remercier un mec incroyable. Un mec au cœur d’or, d’une générosité rare, gourmand de sports et de challenges, gourmand à table aussi j’en atteste. Parfois bougon, au caractère vif et tranché, un pote en or : JN.
Merci. Merci Binôme.
Un grand merci. Mon Grand Binôme.

En deuxième lieu, merci ma moitié. Merci d’avoir accepté tous mes challenges, les plus fous, les moins risqués, non sans tension, anxiété ou crainte de nouvelles blessures. Merci de m’avoir accompagné en solo et de nous avoir soutenus en équipe, encouragés, supportés (dans tous les sens du terme) pendant nos courses et nos voyages Swimrun lointains.
Merci mes chers enfants pour vos encouragements toujours chaleureux.
Merci mon frère et mes trois sœurs qui s’enflamment sur WhatsApp à chacune de nos grandes épreuves.
Great Special thanks @ Manon, ma nièce binôme de toujours, pour notre étincelle. Et surtout pour le courage et l’envie, le goût du dépassement des limites que tu m’as transmis pour notre Diagonale des fous et les folles épreuves qui ont suivies. Tu étais à distance mais avec moi, toujours.

Ensuite, c’est le tour de mes binômes et binômettes.
Merci Candou, Charlotte et Astrid pour nos WS souriants à Hvar et à Cannes.
Merci Alex pour notre mémorable course sous l’orage d’Engadin, et à Yannou pour cette belle traversée des îles Scilly où nous avions le temps de nous déchausser pour retirer le sable de nos chaussettes. Souvenirs heureux.
Merci Thanh, notre porte drapeau LVN en toutes circonstances. Merci l’ami pour nos longues sorties de trail ou séances running hebdomadaires, sous la neige, la pluie, le vent ou le soleil. Merci de ta présence sur nos courses pour nous encourager.
Merci à Sylvie et à Sophie pour leur exemple sur le circuit. Inutile d’en dire plus. Chapeau bas, les filles. Respect absolu.
Merci aux LVN qui ont partagés la bonne humeur de nos bungalows de stage.
Merci à tous, qui sans cesse nous encouragent toujours, et même parfois de loin.

Je n’oublierai pas nos institutionnels préférés :
Merci, mille mercis à Michael et Matt qui ont su inventer notre sport, bâtir un circuit WS magnifique, créer un état d’esprit si rare dans le sport de haut niveau.
Merci Jean-Marie Swimrun France pour nos sorties préparatoires dans les Calanques, merci aussi pour tes magnifiques reportages et photos des courses Ötillö.
Merci à nos coachs et à l’équipe du Neptune Club de France, sans qui nous ne serions pas « les mecs qui te fument dans l’eau ! » (Cf. interview de Swimrunfrance).
Merci aux coachs d’Urban Challenge côtoyés en plein air durant le confinement.
Merci aussi Hélène Osthéo et à son cabinet pour vos révisions mécaniques régulières.
Merci à celles et ceux qui seront arrivés à cette étape de lecture.
Merci à tous les autres, et pardon si je ne cite pas tout le monde.
Merci à ma Remington 1935 pour la dactylographie.