Ötillö World Series Hvar 2018

Hvar, Croatia

Dans la peau d'un sprinter Ötillö

par Thanh

Avant la course

C’est le jour J, la course commencera dans un peu moins de 4h. Je me suis réveillé trois fois la nuit dernière, j’ai rêvé qu’on s’était fait disqualifié…Bref je n’ai pas bien dormis. Au réveil je croise Yann qui m’encourage pour la course à venir. Je m’habille, fais ma toilette, prends mon sac et me dirige vers l’appartement du haut où Fédé m’attend pour le petit déjeuner.

Je me contente de manger une banane, et quelque fruits secs, on discute un peu puis on se rend tous les deux au briefing, il est 8h30 et on y va d’un pas tranquille sans aucune pression particulière. Arrivé à l’hôtel, on découvre les concurrents, ils sont nombreux et comme nous, il viennent pour retirer leurs dossards et écouter le briefing. Dans la grande pièce il y a une longue file d’attente et deux files où il y a très peu de monde, on choisit la plus longue file en se disant que c’est celle pour les binômes hommes. Les organisateurs arrivent et nous demandent de nous assoir pour écouter le briefing, prétextant que l’on pourra retirer nos dossards après. Fédé me dit qu’on s’est planté de file et qu’il faut retirer les dossards dans la file du milieu.

Les organisateurs nous rappellent les règles qui régissent la course, l’esprit et la philosophie du swimrun avant de nous projeter une vidéo de course, j’avoue qu’en regardant cette vidéo j’ai failli pleurer tellement cela m’avait ému. Une fois la vidéo terminée, les organisateurs nous font part des règles de sécurité et du matériel obligatoire à avoir sur soi, et c’est là qu’on s’aperçoit qu’il nous manque la bande compressive… On se met en contact avec le groupe via Whatsapp pour savoir s'ils en ont, c’est le cas, après le briefing on retire nos dossards, le sac comprend une carte du parcours, une boisson énergisante lyophilisée, les fameux dossards (n°10) et nos bonnets. On a aussi gagné le droit de montrer à l’organisation notre bande compressive avant le départ.

On quitte l’hôtel et on se rend sur la place du village, là où il y a la ligne de départ, la pression monte un peu plus. Le temps que le groupe arrive, on s’installe à l’ombre, il fait très beau. 10h, les vieux neptuniens sont tous réunis, on s’installe à la terrasse d’un café. Fédé prend un café et un jus d’orange, je regarde les minutes défiler et fini par me lever pour m’équiper. D’un air détendu Fédé me rejoint pour enfiler sa combi, il est tellement détendu qu’au départ il met sa combi à l’envers, la bonne nouvelle c’est qu’il s’en est aperçu tout seul. On prend place à cotés de la ligne de départ. On se prend en photos, Yann me briefe en privé « garder le positif, sourire et prendre plaisir », je rejoins mon binôme.

La course

On rentre dans le sas après avoir montré à l’organisation qu’on a une bande compressive, pendant un moment j’hésite à appeler Stéphanos pour lui rendre sa bande mais au final je la range dans la poche arrière de ma combi. On se place au milieu du sas, on fait quelque photo et on attend impatiemment le départ. Cette fois ça y est on est parti, on sprint comme on peut pour arriver au bout du quai, là on saute en file indienne pour la première mise à l’eau.

Fédé est rapidement devant moi mais j’essaye de ne pas le perdre de vu, je le vois de temps en temps se mettre sur le dos pour me voir. La première natation (qui ne fait que 400m) me parait interminable tant il y a de monde autour, ça nage brouillon et je n’ai pas de bonne sensation dans l’eau. On reçoit des encouragements de l’équipe quand on sort de l’eau, on attaque la course à pied, je vois qu’il y a pas mal de monde devant nous, je cours à coté de Fédé, le rythme est bon, je tiens le coup, Fédé me demande si le rythme me convient, je lui réponds positivement, et là… Il accélère, je le suis en me demandant combien de temps je vais pouvoir tenir.


On arrive sur la deuxième natation (950m sur le papier), comme convenu on s’accroche et on se met à l’eau. L’eau est parfaitement claire, on peut voir le fond ainsi que la corde, j’écarte un peu plus les bras pour ne pas être gêner par cette dernière. Les bras passent bien et je sens bien qu’on avance, on dépasse pas mal de monde, je lève la tête de temps en temps pour voir si le repère de sortie d’eau est visible, pour le moment pas de balise en vue mais je vois qu’il y a cinq binômes devant nous dont trois qui doivent être à cinquante mètre de nous. Je replace ma tête et je tourne les bras sans trop me poser de question, on finit par les rattraper et les laisser surplace. On sort de l’eau et on trace le long de la cote dans un sentier casse gueule, on court sur des cailloux…

Il y a un binôme de visible devant nous et un autre derrière nous, je ne ressens pas de fatigue, je suis les pas de Fédé et on se suit tous à la queue leu leu. Je commence à prendre conscience qu’on est dans le groupe de tête, ce qui me motive pour tenir le rythme. On arrive à la troisième natation et au premier ravito j’ai juste le temps de prendre un verre d’eau et on repart de plus belle, on prend plus de temps que les autres pour nous mettre en place, Fédé part sans son pull, il s’arrête au milieu de la nat pour le replacer et on repart pied au plancher, on attaque la traversé de la dernière petite île, le chemin est à peu près balisé, on s’y reprend à deux fois pour trouver le chemin, le chemins de cailloux est mal foutu, à un moment je trébuche par deux fois sans pour autant tombé… Fédé me conseille de changer ma foulée en levant un peu plus les genoux. On se fait lâché par les binômes de tête.

Quand on arrive sur le ponton de la quatrième natation les binômes de tête sont loin devant mais bizarrement ils suivent une trajectoire à l’opposé de la sortie d’eau. Fédé me demande si je vois la balise, je lui réponds qu’elle est droit devant, il me demande si je suis sûr de mon coups, vu que les premiers sont partie tout à gauche, j’insiste pour qu’on parte droit devant ce que l’on finit par faire. Au milieu de la natation Fédé s’arrête et me redemande la direction en me montrant que les autres sont toujours à gauche de notre position. Je lève la tête et voit la balise de sortie droit devant nous, ainsi que le drapeau des vieux neptuniens. Je lui montre la direction avec mon bras droit. Il le voit et on se remet en route en prenant comme repère le drapeau.

Aux abords de la sortie d’eau on aperçoit nos amis qui sont venu nous encouragés. On sort de l’eau en deuxième positions (classement binôme homme), Yann court quelque mètre à nos côtés en filmant avec sa Gopro (il a oublié de déclencher la vidéo ^^)…On attaque le gros tronçon de course à pied, j’enlève mon bonnet et ouvre légèrement ma combi (pour plus de confort) alors que Fédé ne change rien (me suis dit qu’il était à fond dans sa course). Le premier kilomètre passe bien ça descend légèrement, un binôme mixte nous double et se retrouve rapidement hors de notre portée, arrivé aux abords d’une plage on doit emprunter un sentier qui monte vers un quartier urbain et là les choses commencent à se corser pour moi, c’est simple j’ai attaqué le début du sentier sur le même rythme que la descente et cela m’a rapidement coupé les jambes. Au milieu du sentier, Je me met à marcher pour terminer la montée, on croise des gens qui nous encourages, Fédé m’encourage, dès que l’on se retrouve sur du plat on se remet à courir, on traverse un quartier en regardant les balises de temps en temps, à un moment, on trace sur une ligne droite, on entend des cris derrière nous et en se retournant on s’aperçoit que l’on s’est trompé de direction, le temps de faire marche arrière 2 binômes nous passes devant. On se retrouve à courir dans un champ, on tombe sur le deuxième et dernier ravito, encore une fois on y passe très peu de temps (j’ai rapidement bu un verre et à ma demande je me suis fait arrosé la tête par un bénévole).



On longe des champs et ça ne fait que descendre, Fédé me donne des conseils (allonger mes foulées, me relâcher et bien souffler), En chemin on négocie mal un sentier et on se retrouve à courir dans une flaque pleine de boue…On continu notre bonhomme de chemin et on se retrouve sur la route qui monte vers la citadelle, on se fait doublé de nouveau, la montée se déroule en deux temps. On emprunte une route avant de couper par un sentier qui ne fait que monter, mes jambes ne suivent plus et rapidement je me met à marcher, Fédé m’encourage, j’essaye de repartir mais ça ne répond plus, je regarde en face de moi et j’aperçois que le binôme qui nous a récemment doublé fait de même, On prend notre temps pour finir la montée alors que ceux qui été devant ont réussi à reprendre la course à pied. Arrivée à la citadelle on entame la descente en courant, on croise les copains (Stephanos, Delphine et Candice)ce qui fait plaisir.

On attaque les derniers kilomètres avant la dernière natation, je me concentre sur mon souffle et j’essaye de me forcer à courir le plus longtemps possible. Une personne nous montre la direction à prendre avant que l’on entame la dernière descente vers l’hôtel de l’organisation. On croise JN à la fin du chemin, On s’engage sur le dernier virage, Fédé le prend rapidement, la corde se tend et cela m’entraine sur le côté, je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas tomber (dans le vide) mais j’arrive à me reprendre et on repart. JN nous donne notre position au classement, on attaque la dernière natation, elle se déroule sans encombre en sortant de l’eau on retrouve JN et Yann qui court à nos côtés en nous encourageant jusqu’à la ligne d’arrivée. J’essaye d’accélérer mais je n’y arrive pas, à vingt mètre de l’arrivée JN et Yann nous disent « c’est votre moment, profitez-en », ils s’arrêtent et nous continuons jusqu’au sas pour franchir la ligne d’arrivée.


Après la course

La fatigue se lisait sur mon visage et je n’étais pas en état pour répondre à l’interview de fin de course, Fédé s’en est chargé (en même temps il est meilleurs que moi en anglais), il a répondu aux questions en expliquant les difficultés que l’on a rencontré sur le parcours, il semblait plus en forme que moi.

Après un petit tour au ravito, on se retrouve avec nos amis qui nous félicites pour notre course. Nous finissons 4éme au classement homme et 8eme au classement général. On était un peu déçu de finir avec la cuillère en bois mais les binômes devant nous étaient bien meilleurs en course à pied. Je ne pensai pas que l’on finirait dans le top 10, sans doute parce que mon niveau en course à pied n’est pas terrible, avant la course je me disais que l’on serait dans le milieu de tableau. On a réussi à finir en 2h et on a pris du plaisir à faire cette course. On s’est dit qu’on ferait la distance supérieure la prochaine fois. C’est pourquoi il va falloir continuer à s’entrainer en course à pied et bosser les montées.


Dans tous les cas je remercie les membres des vieux Neptuniens présent ainsi que mon binôme Fédérico pour ce moment que l’on a partagé.

Thanh