Ötillö World Series Hvar 2017

Hvar, Croatia

Hvar première édition, la découverte


Nous avions lancé la saison 2017 par le World Series à Hvar en Croatie pour la première édition. Nous avons eu le plaisir de découvrir une île magnifique, et une course mémorable. Arrivés le mercredi, nous nous étions acclimatés à l'eau froide et avions reconnu le parcours les journées précédents la course. J'avais ressenti quelques douleurs à l'épaule et devant les conditions parfaites lors des entraînements j'avais décidé de ne pas prendre de plaquette pour la course. Lors du briefing on nous avait annoncé que la météo serait capricieuse le lendemain et le parcours était modifié en conséquence, déplacement du 3000 plus à l'intérieur pour éviter aux concurrents d'être emporté vers le large. Le soleil était bien présent le jour de la course mais le vent était également de la partie et n'a jamais faibli de la journée, obligeant les organisateurs à modifier le parcours en cours de course.


Reprenons au début, le départ de la course donné, nous étions au milieu de la meute et avions décidé de la jouer cool sur la première mise à l'eau seulement 200m après le départ, il s'agissait de se jeter dans le port et nous nous étions dit que nous irions jusqu'au bout du quai pour être tranquille. En arrivant sur l'aire de mise à l'eau, nous nous sommes rendu compte qu'il n'y avait personne au début donc nous avons foncé et même s'il n'y avait que 200m de natation, nous remontons beaucoup de binômes et sortons dans les 15 premiers. Nous empruntons alors un chemin de bord de mer large et maintenons une bonne allure jusqu'à la première difficulté avec une montée en escalier et un passage dans un tunnel suivi d'une descente rapide vers la première difficulté natation de la journée avec un 1700m.


Tout se passe parfaitement bien, nous remontons encore quelques binômes et ne ressentons pas trop de gêne à cause des vagues, qui devaient nous pousser dans le dos. Nous entamons alors la première partie trail jusqu'à la récupération des bouées. Sur ce chemin, nous commençons à sentir nos limites, il faut gérer la course à pied quand toutes les autres équipes semblent à fond. Des binômes nous passent mais ce n'est pas très grave, devant nous se profile LA difficulté de la journée avec un 3000m de natation pour rejoindre l'île en face. C'est un peu le bazar, on ne sait pas vraiment où aller et les bouées qui devaient nous guider ont été emportées par le vent. Lors de la mise à l'eau, les bénévoles nous informe qu'un bateau rouge marquera la sortie.


Nous n'avons pas vraiment fait de repérage sur cette partie donc on se jette dans l'inconnu. Je me charge de la bouée et Stéphane reste avec moi. Après une centaine de mètres à l'abri dans une crique nous voilà dans la grande ligne "droite" avec aucun repère intermédiaire. Je m'occupe du cap, j'ai l'impression d'avoir bien vu où nous devions aller et on y va sans se poser de questions. Il y a des binômes partout dans l'eau, on en aperçoit au loin devant et sur les côtés. Visiblement personne n'est sûr de la direction mais je reste sur la mienne. La traversée est longue, le vent fait lever de belles vagues et parfois nous finissons un mouvement de crawl sur le dos sans avoir rien vu venir. C'est déstabilisant et fatiguant surtout pour moi sans plaquette. Stéphane est à côté de moi et n'a pas l'air de souffrir plus que moi donc c'est bon signe, notre binôme reste soudé.

Finalement nous finissons par apercevoir le fameux bateau rouge plus à gauche que la trajectoire que j'avais choisi, nous modifions la direction pour s'en approcher. Une fois proche du bateau celui-ci nous indique qu'il faut en fait reprendre bien à droite, sur ma trajectoire initiale, et ça m'énerve un peu, j'ai froid, je suis fatigué et j'avais la bonne direction mais nous avons fait un bon crochet de 400/500m pour rien. La sortie d'eau est pénible pour moi, Stéphane est bien c'est la bonne nouvelle. Visiblement mon Orca Core est un peu légère en protection thermique pour plus d'une heure dans l'eau. Finalement nous finissons la partie natation avec 3500m à la montre en un peu moins d'1h10.

Je fais un long stop au ravitaillement pour prendre de la soupe et me réchauffer, les autres concurrents sont aussi perdus que nous et certains arrivent même en sens inverse. Je ne suis plus aussi lucide que je devrais l'être mais nous repartons quand même, Stéphane est devant et je le suis mécaniquement sans vraiment réfléchir. Les sentiers trail ne sont pas très large et il faut déjà se remettre à l'eau, toujours froide et démontée. Nous arrivons sur une nouvelle île, cette fois pas de sentier mais de la pierre érodée, irrégulière et mouillée par endroit à cause des vagues qui déferlent. Je ne m'attendais pas à ça, il faut être très vigilant et nous ne sommes pas efficace dans ces conditions. Nous ralentissons pour ne pas tomber et se blesser, c'est long mais ça fini par se terminer et nous devons de nouveau plonger pour rallier une nouvelle île.


Nous sortons cette fois sur du sable et rencontrons la caméra du Facebook Live. Les chemins sont bien plus simples sur cet île et nous sommes bien plus sereins sur la partie course à pied. Nous rencontrons alors Michael qui nous informe que la partie natation est déplacée et que les deux dernières parties natation sont annulées. Nous sommes un peu déçus pour l'annulation surtout parce que ça veut dire qu'il va falloir faire toute la fin de la course en course à pied et que ce n'est pas vraiment notre point fort. La natation qui suit est un calvaire pour moi, nous sommes dans une espèce de passe entre deux îles prise entre deux courants inverses qui font s'entrechoquer les vagues. Sans plaquettes, je suis balloté dans tous les sens, je ne suis pas très bien à la sortie de l'eau.


Heureusement nos supporters sont là pour nous encourager et le retour sur la terre ferme et des chemins connus fait du bien. Nous sommes de retour sur la ligne de départ pour le ravitaillement de la mi-course. Nous sommes aux alentours de la 25e place, le classement est vraiment bon mais on sait que ça va être compliqué de la garder car désormais la course fait la part belle à la course à pied, avec la montée à la citadelle puis une autre grosse côte après la dernière portion de natation de 1400m. J'ai repris des forces au ravitaillement et le soleil à l'abri du vent a bien aidé pour se réchauffer. Stéphane est toujours au top, il fait des blagues aux bénévoles en partant avec le carton de cacahuètes. Nous attaquons une longue partie de course à pied avec la montée vers la citadelle, que nous avions reconnu, mais le jour de la course est vraiment différent et nous faisons comme nous pouvons.



Il n'y a personne devant nous et nous n'apercevons personne derrière non plus. En haut de la citadelle, il y a beaucoup de vent mais on se retrouve rapidement à l'abri pour continuer à monter tranquillement. Nous découvrons alors totalement cette partie de la course que nous pensions descendante mais qui est en fait bien plus vallonnée ce qui ne fait pas vraiment plaisir à nos jambes. Une équipe finit par nous doubler peu avant la mise à l'eau. De ce côté de l'île, nous sommes totalement à l'abri du vent et l'eau est plate ce qui est vraiment bien pour moi. Par contre l'eau est également plus froide, ce qui fait que je n'ai pas envie de trainer sur cette ultime partie natation. Tactiquement j'essaie de rester le plus proche du bord possible pour avoir une température d'eau la plus favorable possible. La traversée se passe bien, nous reprenons l'équipe qui nous avait doublé. A la sortie de l'eau, Stéphane a ses premières crampes et nous apercevons au loin dans l'eau 5/6 équipes assez proches de nous qui vont probablement nous reprendre dans la montée qui se profile.

Les paysages sont splendides, le soleil est très haut dans le ciel, nous profitons de chaque instant puisque nous ne sommes plus vraiment rapides. Les binômes qui nous doublent nous encouragent et cela fait du bien, c'est l'esprit swimrun ça permet de rester dans la course même quand on est moins bien. Arrivé à Milna nous découvrons les parties trails qui remplacent la natation jugée trop dangereuse car les vagues poussent dans les rochers. Là c'est le coup de grâce pour mon mental. Nous attaquons des parties vallonnées en sous-bois alors que nous étions sensés nager. Stéphane se prend les pieds dans une racine et tombe, plus de peur que de mal mais on sent bien qu'il commence à être limite et malgré la faible distance pour rallier l'arrivée, nous privilégions la prudence à la vitesse. Nous finissons par franchir la ligne d'arrivée en un peu plus de 8h00 au-delà de la 40e place.

Nous nous rendons alors compte qu'il n'y a pas beaucoup d'équipes derrière nous alors que nous étions une petite centaine au départ. Seule la moitié finira l'épreuve entre les abandons et les cuts non passés. Le 3000 a fait mal à beaucoup d'équipe qui se sont perdues et pour qui la course s'est arrêtée là, nous n'en avions pas du tout conscience pendant la course. Je suis un peu déçu du classement final au vu de nos classements intermédiaires mais c'est le jeu et la première partie de course est clairement plus adapté à notre profil. Pour la première fois nous avons fait la course dans le premier tiers pendant les 3/4 premières heures et j'avoue que c'est grisant. Cette expérience est bonne à prendre d'autant que nous étions surtout là pour la découverte et prendre du plaisir. Missions amplement réussies, nous serons là l'année prochaine c'est sûr.